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Ask Mr Deal

Le faire soi-même : quels services valent le coup

Cinq services que l'on achète sans y penser, rangés du plus lourd au plus léger dans un budget de foyer. Pour chacun, l'objet qui le remplace et le nombre de mois au bout duquel il est payé.

Baptiste S. Publié le 22 septembre 2026 Mis à jour le 24 septembre 2026
Une table de cuisine avec un carnet de comptes ouvert, une tasse, une tondeuse à cheveux et un trousseau de clés de voiture posés côte à côte.

En 2025, les prix des services ont augmenté de 2,3 % en moyenne annuelle pendant que ceux des produits manufacturés reculaient de 0,3 %. Deux courbes qui s’écartent, relevées par l’Insee dans son bilan des prix de 2025.

Le sujet de ce guide tient en trois mots — faire soi-même économies — et en un tableau : quels services d’un foyer se remplacent par un objet, et au bout de combien de temps cet objet est payé.

Pas tous. C’est même l’intérêt de l’exercice.

Faire soi-même économies : le classement par euro récupéré

Un service coûte deux choses : un prix unitaire et une fréquence. On retient presque toujours le premier et on oublie la seconde, ce qui fausse tout.

Une coupe à vingt-deux euros paraît chère. Un café à un euro soixante paraît négligeable. Sur un an, la coupe prise huit fois coûte 176 euros et le café pris chaque jour ouvré en coûte 352.

Le classement se fait donc sur la dépense annuelle, jamais sur le ticket. C’est la seule façon de savoir par où commencer, et c’est ce que fait le bloc ci-dessous avec vos chiffres plutôt qu’avec les miens. Pour le même classement sur tout le foyer, voiture et courses comprises, le plan d’économies reprend ces calculs d’un coup.

Le classement de Mr Deal

Chez vous, quel service coûte le plus cher ?

Cinq postes, deux chiffres chacun : ce que vous payez à chaque fois, et combien de fois par an. Le classement se refait à chaque frappe.

Coupe de cheveux en salon

Café pris au comptoir

Lavage de voiture en station

Abonnement en salle de sport

Pressing et retouches

Le résultat surprend souvent sur deux points. Le poste le plus lourd est rarement celui auquel on pense, et le poste le plus léger est presque toujours celui dont on a déjà acheté le matériel.

Trois précautions, avant de lire le classement.

La fréquence à saisir est celle des douze derniers mois, relevée sur un relevé bancaire, pas celle qu’on estime de mémoire. L’écart entre les deux dépasse régulièrement 30 % sur les postes payés en petites sommes, parce qu’un café ou un lavage ne laisse aucune trace dans le souvenir.

Le prix unitaire est celui de votre salon, de votre bar, de votre station — pas une moyenne nationale. Ce site n’en publie pas, pour une raison simple : l’Insee mesure des indices, c’est-à-dire des variations, pas des prix en euros.

Enfin, un poste à zéro reste un poste. Ne pas payer de pressing est une information utile : ça veut dire qu’il n’y a rien à y gagner, et que le défroisseur qui traîne dans le placard n’aurait pas dû être acheté.

Pourquoi les services montent quand les objets baissent

Le faire soi-même n’a pas toujours été un bon calcul. Il l’est devenu parce que deux courbes se sont séparées.

En 2025, l’Insee mesure une inflation moyenne de 0,9 % : les services gagnent 2,3 %, les produits manufacturés perdent 0,3 %. La même divergence se lit sur les postes précis. L’indice des salons de coiffure et instituts de soins passe de 91,94 en août 2021 à 102,66 en août 2026, soit 11,7 % en cinq ans. Celui des restaurants et cafés à service limité gagne 20,8 % entre 2021 et 2025. Celui des services liés à la pratique du sport, 12,7 % sur la même période.

Le problème, c’est que ces hausses ne se voient pas. Elles arrivent par tranches de cinquante centimes, une fois par an, sur des sommes qu’on ne compare jamais d’une année sur l’autre.

L’objet, lui, ne rattrape pas l’inflation du service qu’il remplace : il se paie une fois. Une tondeuse achetée aujourd’hui remplacera des coupes qui coûteront plus cher dans trois ans qu’aujourd’hui, ce qui raccourcit le seuil au lieu de l’allonger.

D’où la règle que suit tout ce silo : on chiffre le service à son prix d’aujourd’hui, ce qui donne toujours un seuil pessimiste. S’il est atteignable à ce prix-là, il le sera encore mieux ensuite.

Une réserve, tout de même, parce qu’elle change le sens de ces chiffres. Un indice mesure la variation d’un prix, pas son niveau : +11,7 % sur les salons de coiffure ne dit rien du prix d’une coupe à Brest ou à Lyon, seulement du fait qu’elle coûte aujourd’hui un neuvième de plus qu’il y a cinq ans, à prestation comparable. C’est suffisant pour décider d’un sens, pas pour remplir un tableau de bord. Les montants en euros de ce guide sont donc des hypothèses de travail, annoncées comme telles, et les calculateurs demandent les vôtres.

Ce que le classement ne mesure pas : le temps passé

Un service, ce n’est pas seulement un prix : c’est aussi du temps qu’on n’a pas à passer. Le faire soi-même remplace des euros par des minutes, et un guide qui ne le dirait pas serait malhonnête.

Le calcul est faisable, et il est instructif. Une coupe maison prend une vingtaine de minutes, contre une trentaine au salon en comptant le trajet et l’attente : le temps joue ici en faveur de la tondeuse. Un lavage de voiture à la maison prend trois quarts d’heure contre un quart d’heure en station : le temps joue contre.

Le café est le cas le plus net. Préparer une tasse chez soi prend deux minutes, aller la chercher au comptoir en prend dix aller-retour. Sur 220 cafés, l’écart est de 29 heures dans l’année.

Je ne mets pas de prix sur ces heures, parce que le faire reviendrait à inventer une donnée. Mais l’ordre de grandeur suffit à trancher quand deux postes arrivent au coude à coude dans le classement : à économie annuelle égale, on attaque d’abord celui qui rend du temps.

Premier poste : la coiffure, 176 euros pour deux personnes

Un foyer de deux adultes qui passe au salon toutes les six semaines paie environ dix-sept coupes par an. À vingt-deux euros la coupe, on est à 374 euros.

La tentation est de compter la totalité comme économisable. C’est faux, et c’est ce qui fait rater le calcul : on ne se tond pas tout. Les coupes longues, les dégradés et le rendez-vous avant un mariage restent au salon.

Je retiens donc quatre coupes conservées, treize évitées. À vingt-deux euros, ça fait 286 euros par an, moins trois euros d’huile de lame et de brosse.

Une tondeuse à quarante-cinq euros est alors couverte par trois coupes. Pas trois mois : trois coupes. La deuxième laisse un euro à devoir, la troisième solde l’appareil. Le critère qui compte à ce prix-là n’est pas la puissance mais la rigidité des sabots : un sabot qui joue sous la pression donne une hauteur différente à chaque passage. C’est ce qui distingue une tondeuse à sabots graduésaff. d’un appareil de dépannage.

Reste la ligne des consommables, celle qu’on oublie toujours. Sur une tondeuse, elle est minuscule : quelques gouttes d’huile de lame après chaque usage, une brosse, et l’électricité d’un appareil de quelques watts branché vingt minutes par mois. Trois euros par an, c’est une estimation haute.

Le vrai consommable est ailleurs : c’est la cape de coupe et la paire de ciseaux de coiffure avec peigne et capeaff. qu’on finit par acheter le deuxième mois, parce que la tondeuse seule ne fait pas les contours. Comptez-la dans le prix d’achat dès le départ plutôt que de la découvrir après.

Le détail du calcul, cas par cas, est dans l’article sur le seuil de rentabilité de la tondeuse à cheveux. Ce que ce guide en retient : c’est le poste au seuil le plus court des cinq, et de loin.

Et le seul du lot où le matériel coûte moins cher qu’une seule facture annuelle du service qu’il remplace.

Deuxième poste : le café pris dehors

Un café par jour ouvré, c’est 220 cafés dans l’année. À un euro soixante, 352 euros.

Le réflexe habituel est de comparer une machine à un café de bar, tasse contre tasse. Ça ne règle rien, parce que le poste économisable n’est pas « le café » mais « le café acheté dehors ». Les tasses bues à la maison n’ont jamais été payées au comptoir : les faire entrer dans le calcul gonfle artificiellement l’économie.

Sur les 220 cafés du comptoir, huit grammes de café en grains à vingt-deux euros le kilo reviennent à dix-sept centimes et demi la tasse. L’écart est de 1,42 euro par café remplacé, et une machine à deux cent cinquante euros est couverte par 176 cafés, 190 en ajoutant l’année d’électricité et de détartrant.

C’est là que le verdict se sépare en deux. Pour qui prend un café dehors chaque jour ouvré, la machine est payée en dix mois. Pour qui en prend un par semaine, elle demande 4,6 ans, et 5,8 ans avec des capsules.

Le détartrant compté dans ces 190 cafés n’est pas une ligne décorative. Une machine entartrée s’arrête avant d’avoir atteint son seuil, et ce que le détartrage ajoute en années de service dépend de la dureté de votre eau, pas de la marque.

Le détail des trois colonnes est dans l’article sur le seuil de rentabilité d’une machine à café, qui est aussi le seul contenu de ce silo à conclure « n’achetez pas » sur un cas d’usage entier.

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En tant que Partenaire Amazon, ce site réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises. Cela ne change rien au prix que vous payez, et cela ne change rien au verdict : quand le calcul dit que l'achat ne se rembourse pas, c'est écrit.

Un mot sur le dosage, parce que c’est lui qui tient tout le calcul. Les huit grammes par tasse retenus ici sont la dose d’un espresso court ; monter à douze grammes fait passer le coût de dix-sept centimes et demi à vingt-six, et rallonge le seuil d’un tiers. La seule façon de savoir où l’on en est, c’est de peser. Une balance de précision au dixième de grammeaff. règle la question une fois pour toutes, et coûte une poignée de cafés.

Troisième poste : l’abonnement qu’on ne consomme pas

Trente euros par mois, c’est 360 euros par an. Le marché des salles de sport pèse plus de 2,5 milliards d’euros en France, répartis sur près de 5 000 clubs, selon la fiche pratique de la DGCCRF sur l’adhésion en salle de sport, mise à jour le 17 août 2026.

Le prix mensuel n’est pas le problème. Le coût par séance l’est. À douze venues par mois, la séance revient à deux euros cinquante, et aucun matériel domestique ne descend là. À trois venues, elle coûte dix euros. À une, trente.

C’est donc le seul poste des cinq où le verdict dépend d’un comportement plutôt que d’un prix, et où l’objet à acheter n’est parfois rien du tout. La bonne question n’est pas « combien coûte le matériel » mais « combien de fois y suis-je allé le mois dernier ».

La suite est une affaire de contrat, et elle est cadrée. La DGCCRF rappelle que depuis la loi du 16 août 2022, un contrat qui peut se conclure par voie électronique doit pouvoir se résilier par le même procédé, sous peine d’une amende administrative de 15 000 euros pour une personne physique et de 75 000 pour une personne morale. Elle rappelle aussi qu’en cas de reconduction tacite, le professionnel doit prévenir au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant la date limite de non-reconduction — et qu’à défaut, le contrat peut être arrêté gratuitement à tout moment.

Le point de bascule complet, avec le quiz de profil, est dans l’article qui compare la salle de sport et le matériel maison.

Deux cent euros de matériel, c’est six mois et vingt jours d’abonnement à trente euros. Le seuil est donc court, mécaniquement. Ce qui le rend difficile à atteindre, ce n’est pas le montant, c’est la double dépense : on achète le matériel en janvier et on résilie en juin, et pendant six mois on paie les deux. Le remboursement passe alors de sept à treize mois, et beaucoup renoncent entre-temps.

Pour qui bascule vraiment, le critère qui tient le seuil est la charge réglable : un matériel modulable remplace une rangée d’appareils fixes sans occuper plus de place. Une paire d’haltères réglablesaff. et deux mètres carrés de sol suffisent à couvrir l’essentiel de ce que remplace un abonnement d’entrée de gamme.

Quatrième poste : le lavage de la voiture

Un lavage par mois en station à neuf euros, c’est 108 euros par an. Le poste est plus léger que les trois précédents, et c’est justement ce qui le rend intéressant : il sert de test à la méthode.

Le lavage fait chez soi coûte environ un euro tout compris — l’eau à 4,69 euros le mètre cube, prix moyen national relevé par l’observatoire Sispea au 1er janvier 2024, l’électricité de la pompe, et le produit. L’écart par lavage est donc de huit euros, et un nettoyeur à cent cinquante euros demande dix-neuf lavages.

À un lavage par mois, c’est un an et demi. À deux lavages par an, c’est neuf ans, et le verdict s’inverse.

Le calcul complet, avec les textes et le cas limite, est dans l’article sur le lavage de voiture à domicile. Pour un foyer qui lave une fois par mois, le matériel qui tient le seuil est un nettoyeur haute pression à débit annoncéaff., et le débit compte davantage que la pression.

Ce poste est aussi le seul des cinq à porter une contrainte d’entretien mesurable. L’Ademe recommande, sur un nettoyeur haute pression, un détartrage allant d’une fois par an à une fois tous les trois ans selon la dureté de l’eau, et une maintenance annuelle minimale même en usage peu régulier. C’est peu de chose en euros, mais c’est la condition pour que l’appareil atteigne l’âge auquel il est censé être remboursé.

Une dernière ligne, souvent sous-estimée : les consommables de lavage. Shampooing, gants et lot de microfibres pour le lavage autoaff. représentent quelques dizaines de centimes par passage, et c’est déjà compté dans l’euro annoncé plus haut.

Cinquième poste : le pressing et les petites retouches

Six passages par an à douze euros, c’est 72 euros. Le poste le plus léger des cinq, et celui qu’on équipe pourtant en premier, parce que le matériel fait peu peur.

C’est exactement l’erreur que le classement sert à éviter. Immobiliser de l’argent sur la plus petite ligne du budget, c’est retarder le moment où l’on attaque la plus grosse.

Cela dit, le seuil existe. Un défroisseur vapeur verticalaff. à quarante euros est couvert en quatre passages évités, ce qui reste court. La nuance est ailleurs : le pressing traite des tissus qu’un défroisseur ne traite pas, et la part vraiment remplaçable du poste est souvent la moitié.

Alors on range ce poste en cinquième position, et on l’attaque quand les quatre autres sont faits.

Il y a une exception, et elle est utile à connaître : la retouche. Un ourlet ou une fermeture éclair remplacés coûtent souvent plus cher que la moitié du vêtement, et le matériel qui les remplace sert des années sans consommable. Le poste est petit en fréquence, mais le rapport entre la dépense évitée et le prix de l’objet y est meilleur que sur le nettoyage à sec proprement dit.

Dit autrement : dans ce cinquième poste, ce n’est pas le pressing qu’on remplace, c’est le tailleur.

Les trois cas où je continue à payer le service

Un guide qui conclurait « tout se fait soi-même » serait un guide qui n’a rien calculé. Trois situations résistent, et elles reviennent dans les cinq postes.

L’usage sous trois fois par an. En dessous, le matériel dort onze mois sur douze, vieillit sans servir et perd sa garantie avant d’avoir travaillé. Le lavage de voiture au printemps et à l’automne tombe dans cette catégorie.

La machine qu’un logement ne peut pas accueillir. Deux mètres carrés disponibles, c’est la limite pratique d’un appartement, et elle exclut une partie du matériel sportif. Payer l’accès à un équipement lourd reste alors moins cher que de le loger.

Le service qui ne se remplace qu’à moitié. Coupes longues, tissus délicats, réglages techniques : dans ces cas, l’objet ne supprime pas la dépense, il la réduit. Le calcul doit alors porter sur la part réellement évitée, jamais sur le total du poste.

PosteDépense annuelle retenueSeuil de l’objetVerdict
Coiffure, deux personnes374 €3 coupesOui, le plus court
Café pris dehors, jour ouvré352 €190 cafésOui, dix mois
Abonnement sportif360 €selon la fréquenceDépend des venues
Lavage de voiture, mensuel108 €19 lavagesOui, un an et demi
Pressing, six passages72 €4 passagesOui, mais en dernier

Graphique

Ce que chaque service coûte par an

Dépense annuelle retenue dans chaque calcul de seuil.

La règle qui décide, en trois chiffres

Avant d’acheter quoi que ce soit dans ce silo, trois nombres suffisent, et ils se notent sur un coin de table.

Le prix unitaire du service. La fréquence annuelle réelle — celle des douze derniers mois, pas celle qu’on projette. Le coût d’usage de l’objet, consommables et énergie compris.

Le seuil sort tout seul : prix de l’objet divisé par l’écart entre les deux coûts unitaires, multiplié par la fréquence. Au-delà de trois ans, je n’achète pas, parce que trois ans dépassent la durée pendant laquelle une habitude se maintient sans y penser.

Cette règle est la même que celle qui tranche entre réparer et remplacer un appareil : le guide sur la réparation et le remplacement l’applique à l’électroménager, et l’article sur le seuil de réparation d’un appareil montre où elle se casse. Elle s’applique aussi au budget courses, où le guide pour manger moins cher la décline sur le panier.

Ce que ça donne sur un an, deux foyers comparés

Reprenons les cinq postes pour deux foyers différents, avec les mêmes prix unitaires.

Foyer A, deux adultes, un véhicule, un abonnement sportif utilisé huit fois par mois : 374 euros de coiffure, 352 de café, 360 d’abonnement, 108 de lavage, 72 de pressing. Total : 1 266 euros.

Foyer B, une personne, pas de voiture, deux coupes par an, deux cafés dehors par semaine, pas d’abonnement : 44 euros de coiffure, 166 de café, 36 de pressing. Total : 246 euros.

Le premier a quatre seuils atteignables et un ordre de priorité évident. Le second en a un seul qui tienne, et encore, à condition que la fréquence des cafés ne baisse pas.

C’est pour ça qu’un montant d’économies annoncé en une du guide n’aurait aucun sens. La seule sortie honnête est un classement, et il est personnel.

Ce que je ferais, à la place d’un foyer qui commence

Je prendrais le poste arrivé en tête du classement, un seul, et je laisserais les quatre autres tranquilles pendant six mois.

Pas par prudence budgétaire : par méthode. Quatre objets achetés le même mois, ce sont quatre habitudes à prendre en même temps, et c’est comme ça qu’on se retrouve avec un tiroir plein de matériel et un budget inchangé.

Le premier seuil atteint paie le deuxième objet. Ensuite, la question se pose autrement : ce n’est plus « est-ce que ça vaut le coup », c’est « lequel ensuite ». Le silo voisin sur le coût réel d’un kilomètre en voiture attend avec le même genre de mauvaise surprise. Tout le guide rouler moins cher marche pareil : on mesure d’abord, on achète ensuite, et parfois on n’achète pas.

Questions fréquentes

Faire soi-même économies : combien un foyer récupère-t-il en un an ?
Tout dépend de la fréquence, et c'est pour ça que ce guide ne donne pas un montant unique. Pour un foyer de deux personnes qui va au salon huit fois par an, prend un café au comptoir chaque jour ouvré, lave sa voiture une fois par mois et paie un abonnement sportif à trente euros, les quatre postes additionnés dépassent neuf cents euros sur l'année. Le matériel qui les remplace coûte une fraction de cette somme et se rembourse en quelques mois. Mais le même calcul, fait pour une personne seule qui va deux fois par an chez le coiffeur et lave sa voiture au printemps, donne moins de cent euros : à ce niveau, il n'y a rien à acheter.
Quel poste faut-il attaquer en premier ?
Celui qui pèse le plus lourd sur l'année, pas celui dont le matériel est le moins cher. C'est l'erreur la plus fréquente : on commence par l'objet à quinze euros parce qu'il fait peu peur, et on laisse courir le poste à quatre cents euros. Le classement se fait en deux colonnes, prix unitaire et fréquence annuelle, et il se retourne souvent : un café à un euro soixante pris deux cent vingt fois dans l'année coûte plus cher qu'une coupe à vingt-deux euros prise huit fois.
Y a-t-il des services qu'il vaut mieux continuer à payer ?
Oui, et le guide en cite trois. Un service dont le matériel équivalent coûte plus que dix ans d'usage, un service qu'on utilise moins de trois fois par an, et un service qui repose sur une machine qu'aucun logement normal ne peut accueillir. Le cas le plus net est la salle de sport pour qui s'y rend trois fois par semaine et utilise à chaque fois des appareils lourds : le coût par séance y descend sous trois euros, et aucun budget domestique ne descend en dessous.
Le prix des services augmente-t-il plus vite que celui des objets ?
Sur 2025, oui, et l'écart est documenté. L'Insee mesure une hausse moyenne de 2,3 % sur les services et une baisse de 0,3 % sur les produits manufacturés. Sur cinq ans, l'écart se creuse encore : l'indice des salons de coiffure gagne 11,7 % entre août 2021 et août 2026. C'est la mécanique qui rend le faire soi-même intéressant aujourd'hui alors qu'il l'était moins il y a dix ans : l'objet coûte à peu près le même prix, le service qu'il remplace coûte plus cher chaque année.
Faut-il acheter du matériel neuf pour que le calcul tienne ?
Le calcul ne dit rien sur l'état de l'objet, seulement sur son prix. Un matériel d'occasion à moitié prix divise le seuil par deux, ce qui transforme certains verdicts négatifs en verdicts positifs. La limite est ailleurs : sur un appareil qui consomme de l'eau ou de l'électricité, un modèle ancien peut coûter plus cher à l'usage qu'il ne fait gagner à l'achat. Les calculateurs de chaque article demandent le prix d'achat séparément du coût d'usage, précisément pour que cette différence se voie.
Qu'est-ce qui fait rater le seuil, une fois l'objet acheté ?
La fréquence qui retombe. Tous les seuils de ce guide supposent que l'usage reste le même pendant toute la durée du remboursement. Un appareil acheté pour douze utilisations annuelles et utilisé quatre fois voit son seuil multiplié par trois, et passe souvent de l'autre côté de la barre. La deuxième cause est l'abonnement qu'on garde en parallèle pendant six mois « au cas où » : on paie alors les deux, et le temps de remboursement double.
Pourquoi ce guide ne donne-t-il jamais le prix des objets ?
Parce qu'un prix écrit dans un article est faux le mois suivant, et parce que les conditions du programme d'affiliation ne l'autorisent pas hors de leur interface horodatée. Les calculateurs demandent donc le prix d'achat au lecteur, qui l'a sous les yeux au moment où il calcule. Les montants que le site écrit sont d'une autre nature : ce sont des dépenses de service — une coupe, un café, un lavage, un abonnement — et celles-là, on les connaît.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je ne suis ni conseiller financier, ni économiste. Je tiens les comptes d'un foyer ordinaire, et j'ai fini par me lasser des listes d'astuces qui ne chiffrent jamais rien. Alors je prends le problème dans l'autre sens : je pars de la dépense, je cherche la donnée publique qui dit ce qu'elle coûte vraiment, je calcule au bout de combien de temps l'objet censé la réduire est remboursé, et je publie le résultat — y compris quand il dit de ne rien acheter.

  • Je pars de données publiques et vérifiables — prix des carburants, indice des prix de l'INSEE, indice de durabilité — et je dis d'où vient chaque chiffre.
  • Chaque calcul affiche ses hypothèses. Si votre usage diffère de mon exemple, le module de l'article refait le calcul avec le vôtre.
  • Je dis quand un achat ne se rembourse pas, y compris quand c'est le produit qui se vend le mieux de sa catégorie.
  • Sur le crédit, le placement, l'assurance et les aides publiques, je renvoie aux organismes compétents. Ce n'est ni mon métier ni l'objet du site.

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